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Mois : septembre 2020

Restitutions d’œuvres d’art : un nid à polémiques et un dossier qui s’enlise 1
ndombe sisqo

Restitutions d’œuvres d’art : un nid à polémiques et un dossier qui s’enlise

Le retour des objets volés pendant la colonisation en Afrique et exposés dans les musées français se heurte à de nombreuses difficultés et reste minime.

Trois ans après le discours à Ouagadougou d’Emmanuel Macron, qui souhaitait à la jeunesse africaine d’avoir accès à son patrimoine, la restitution des objets d’art volés pendant la colonisation en Afrique et exposés dans les musées français se heurte à de nombreuses difficultés et reste minime.

Le rapport des universitaires Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, remis en novembre 2018, appelait à de vastes restitutions des œuvres arrivées en France pendant l’époque coloniale. Mais aujourd’hui, seul un sabre – un objet européen – a été rétrocédé au Sénégal et vingt-six objets le seront d’ici à un an au Bénin.

Ces totems et sceptres, pillés lors de la mise à sac du palais d’Abomey par les troupes coloniales en 1892, restent au Musée du quai Branly tant qu’un musée au Bénin n’est pas prêt pour les accueillir.

Une loi, permettant des dérogations au principe d’« inaliénabilité » des œuvres dans les collections publiques, a permis ces transferts, parce qu’ils avaient fait l’objet de pillages caractérisés.

Le rapport Sarr-Savoy dressait un calendrier de restitutions et un inventaire des dizaines de milliers d’objets que les colons ont ramené d’Afrique. Il proposait un changement du code du patrimoine pour faciliter leur retour quand les Etats africains en feraient la demande.

Dans les limbes

Mais à part quelques pays menés par le Bénin, la mobilisation des gouvernements africains sur les restitutions reste faible. Dans plusieurs pays, les priorités sont autres que les objets d’art pour lesquels les équipements manquent, selon une source proche du dossier.

Quant au projet d’Emmanuel Macron d’une rencontre entre partenaires européens (Belgique, Royaume-Uni, Allemagne principalement) et africains pour définir une « politique d’échanges », il semble être tombé dans les limbes.

Au moins 90 000 objets d’art d’Afrique subsaharienne sont dans les collections publiques françaises. Quelque 70 000 d’entre eux au Quai Branly, dont 46 000 arrivés durant la période coloniale.

Selon le rapport Savoy-Sarr, la plupart des œuvres dans les musées français proviennent de butins de guerre, de pillages ou ont été acquis à des prix dérisoires. Des experts contestent ces conclusions. Selon eux, la grande partie des objets africains ont été achetés, offerts, échangés et troqués, mais pas pillés.

« C’est un cri de haine contre le concept même de musée », avait lancé Stéphane Martin, qui a piloté la création du Musée du quai Branly avant d’en prendre la tête, jusqu’à la fin 2019.

« Ce rapport est intéressant à lire attentivement. Un peu virulent mais il fallait l’être », estime auprès de l’AFP le galeriste et collectionneur d’art africain, Robert Vallois.

Des dépôts longue durée

Pour le nouveau président du Musée du quai Branly, Emmanuel Khasarherou, « un mouvement a été donné » par le rapport Sarr-Savoy, qui « nous a enjoints à une sorte d’examen de conscience ».

La difficulté est de retracer l’itinéraire des œuvres. Certaines sont passées entre plusieurs mains : des administrateurs, médecins, militaires ou leurs descendants en ont fait don aux musées. D’autres ont été offertes à des religieux, acquises par les collectionneurs d’art africain au début du XXsiècle, ou encore ramenées lors d’expéditions scientifiques.

Trois problématiques complexifient l’affaire : les changements de frontières après l’indépendance des colonies qui rendent difficiles l’attribution d’une œuvre à un pays, les conditions de conservation des œuvres une fois rendues, et le cas d’objets d’art qui « disparaissent » une fois qu’ils ont été restitués à leur pays d’origine.

Les dirigeants des musées prônent la « libre circulation » pour que les Africains puissent voir les œuvres : organiser des dépôts de longue durée, des prêts, des expositions tournantes. Avec une aide financière à la rénovation ou à la construction de musées.

Du côté des collectionneurs privés, le galeriste Robert Vallois a créé un collectif de marchands d’art pour financer le nouveau musée de la Récade au Bénin, où sont exposées des œuvres africaines tirées de leurs collections. « Ça n’a coûté rien à personne, à part à nous », précise-t-il.

Le Monde avec AFP / Photo Dr. Tiers

Restitution du patrimoine africain : un Congolais devant la justice à Paris 2
ndombe sisqo

Restitution du patrimoine africain : un Congolais devant la justice à Paris

Le militant panafricain et anti-colonialiste Emery Mwazulu Diyabanza se retrouvera le 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir tenter d’emporter en juin dernier des objets d’art africain au Musée du Quai Branly. Un débat sur la restitution des oeuvres d’art africain qui résonne jusqu’à Kinshasa.

Ses vidéos chocs ont fait le tour des réseaux sociaux. Au Musée du Quai Branly à Paris, à l’Afrika Museum de Berg en Dal aux Pays-Bas ou au Musée des arts africains, océaniens et amérindiens de Marseille, Emery Mwazulu Diyabanza accompagné de membres de son mouvement panafricain Unité, dignité et courage (UDC), ont tenté d’emporter des objets d’art africains. Face caméra, l’activiste affirme vouloir « récupérer ce qui nous appartient (…). On ne demande pas la permission aux voleurs de récupérer ce qui a été volé. Ces biens nous ont été volés sous la colonisation ». A chaque fois, le leader de l’UDC a été interpellé par la police. Pour son coup d’éclat du 12 juin à Paris, Emery Mwazulu Diyabanza risque 10 ans de prison et 150.000 euros d’amende pour « tentative de vol en réunion d’un objet mobile classé ».

Militant radical et opposant congolais

Ce Congolais de la diaspora de 42 ans, vivant en France, et chantre du panafricanisme, n’en est pas à sa première opération coup de poing. En 2015, il envahit, avec ses militants, l’ambassade du Maroc à Paris pour protester contre les mauvais traitements infligés aux migrants africains dans les pays du Maghreb. Il prône également une « croisade contre le Franc CFA » et appelle à « chasser l’armée française pour un Mali libre ». L’activiste se présente également comme un opposant congolais au régime de Joseph Kabila et affirme avoir voulu se présenter à la présidentielle de 2011. Mais sa candidature n’aurait pas été retenu après avoir été arrêté par les autorités et détenu pendant 17 jours au camp Tshatshi.

Seules 27 restitutions sont annoncées

Le débat sur la restitution des oeuvres d’art africain est devenu depuis cet été le nouveau cheval de bataille d’Emery Mwazulu Diyabanza. L’activiste considère que le combat pour la restitution du patrimoine africain rejoint celui de la « libération de l’Afrique » pour amener le continent « à se réconcilier avec son histoire ». Pourtant, depuis le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou en 2017 et le rapport de Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, la France a promis de restituer tous les objets pris de force, ou présumés acquis dans des conditions inéquitables, ou à la demande de leurs pays d’origine. Mais pour le moment, seulement 27 restitutions ont été annoncées sur les 90.000 objets d’arts provenant d’Afrique subsaharienne exposés ou entreposés en France.

« Nous voulons effacer l’humiliation de la colonisation »

Pour Emery Mwazulu Diyabanza, la démarche de la France constitue « une insulte. C’est incroyable que ce soit le prévaricateur et le voleur qui décide du quand et du comment il rendra les oeuvres ! Nous sommes dans la récupération de ce que nous appartient, pas dans la supplication. Nous sommes dans le plein droit de récupérer notre héritage ». Quand au mode de revendication plutôt musclé de sa cause, le leader d’Unité, dignité et courage estime que sa démarche « n’est pas seulement la restitution des œuvres, mais la manière dont elles doivent être restituées. Nous voulons effacer l’humiliation de la colonisation, la barbarie, par des actes de dignité et de courage ».

120.000 objets congolais à Tervuren

En Belgique, la question de la restitution du patrimoine congolais détenu par l’ancien colonisateur n’a pas attendu les coups d’éclat d’Emery Mwazulu Diyabanza pour faire débat. En 2018, alors que la France, l’Allemagne ou le Canada s’engagent sur la manière de réunir « les conditions d’un retour temporaire ou définitif » de ses œuvres, plusieurs associations, universités, et membres de la société civile congolaise, signent une pétition dans la presse belge. « Plus de 90 % des œuvres d’art classique africain sont en dehors de l’Afrique  », dénoncent les signataires. Le Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren est considéré comme le  (…) Lire la suite sur Afrikarabia.

PAR AFRIKARABIA
Photo DR. TIERS