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Catégorie : Actualité artistique

Disparition de Sindika Dokolo : les arts africains perdent leur « héraut » 1
ndombe sisqo

Disparition de Sindika Dokolo : les arts africains perdent leur « héraut »

Mécène, collectionneur, militant, l’homme d’affaires s’est imposé en une trentaine d’années comme un soutien indispensable à la création sur le continent.

L’artiste camerounais Omraam Tatcheda n’a jamais rencontré Sindika Dokolo. Pourtant, le collectionneur congolais a joué un rôle décisif dans sa carrière. « J’avais terminé mes études aux Beaux-Arts de Bologne, en Italie, depuis moins d’un an lorsque Sindika a acquis l’une de mes pièces, se souvient le peintre. Je n’étais pas connu, j’avais participé à une seule biennale… et pourtant il a déboursé 80 000 euros pour acheter l’une de mes pièces ! Aujourd’hui, qui va prendre sa place ? Les Africains qui ont de l’argent préfèrent en général s’acheter des voitures de luxe ou des châteaux… Rares sont ceux qui viennent en aide aux créateurs contemporains. »

« Il avait cette démarche très rare en Afrique de donner aux artistes la place qu’ils devraient avoir, estime comme en écho l’artiste franco-camerounaise Beya Gille Gacha, dont les œuvres ont été exposées à Rome près de pièces de la collection de Dokolo. Il n’a jamais arrêté de rencontrer des artistes, de tenter de les mettre en avant, c’est l’une des rares personnalités du monde des affaires et de la politique africaine qui pouvait inspirer les autres décideurs africains. »

Amateur précoce

Tandis que les sites d’information en continu pointent l’implication de l’homme d’affaires dans les Luanda Leaks, le monde de l’art, unanime, célèbre l’impact décisif que cet amateur précoce (il a commencé sa collection à 15 ans) et généreux a eu sur la création, et notamment la création africaine.

La commissaire d’exposition germano-camerounaise Marie-Ann Yemsi rappelle ainsi que s’il a d’abord acquis en bloc les quelque 500 œuvres de l’homme d’affaires allemand Gans Bogatzke (essentiellement des œuvres contemporaines africaines, de qualité très inégale), il n’a eu de cesse, ensuite, d’acheter des œuvres aux artistes africains, portant à plus de 3 000 le nombre de pièces accumulées dans sa collection, exposée entre autres à Luanda, dans la fondation qui porte son nom.

« Ce n’était peut-être pas un pionnier, mais c’était un homme impliqué depuis plus de vingt ans, et qui portait un vrai regard sur l’Afrique et sa création contemporaine, estime-t-elle. Son soutien aux artistes et à l’écosystème artistique africain a été massif, décisif. Il était très soucieux que des collections d’art contemporain puissent éclore sur le continent et qu’elles soient présentées aux Africains. En cela il a été indispensable. Il a forcément suscité des vocations. Beaucoup de gens ont été très contents de profiter de cette manne financière… et un peu silencieux lorsqu’il a eu des ennuis. »

Une nouvelle génération

Pour la commissaire d’exposition, Sindika Dokolo incarnait une nouvelle génération, fière, indépendante, qui ne voulait plus recevoir de leçons du monde occidental. Sa dernière exposition, IncarNations, présentée de juin à octobre 2019 au Palais des beaux-arts de Bruxelles, se voulait d’ailleurs « afrocentrée » : il invitait les Africains à apprendre à se regarder à nouveau en faisant fi du voile d’exotisme et du discrédit jeté par les anciens colonisateurs sur le continent.

Simon Njami, commissaire d’exposition, critique d’art camerounais, qui a aidé – avec l’artiste Fernando Alvim – l’homme d’affaires à constituer sa collection, rappelle la sincérité de son engagement. « J’ai rencontré Sindika à l’occasion de la présentation d’Africa Remix… Il m’a dit : ‘C’est la première fois que je vois une galerie africaine dans un grand musée. Je ne pensais pas que ce serait possible, je m’aperçois qu’il y a encore du travail à faire !’ Et nous l’avons fait. »

SE PASSER DES PRÉBENDES QUE PROPOSENT LES OCCIDENTAUX À L’AFRIQUE

« Il a su donner l’impulsion en Angola notamment… Et dans bien d’autres pays, ajoute Njami. Sans la Fondation Sindika Dokolo, il n’y aurait pas eu de pavillon africain à la Biennale de Venise en 2007. Le pavillon a été monté sans apport financier européen, ou extra-africain. Il fallait pouvoir se passer des prébendes que proposent les Occidentaux à l’Afrique. »

Et de conclure : « Il estimait aussi que l’on ne peut pas s’occuper de contemporain en laissant de côté le patrimoine, de là son idée de rapatrier le maximum d’œuvres pour en faire profiter les Africains. Il n’a jamais été un ‘pleureur’ qui mettait tout sur le compte de l’histoire, il posait des actes. »

Sindika Dokolo n’hésitait pas à mettre la pression sur les collectionneurs occidentaux accusés de posséder des œuvres volées. « Je sais précisément qui possède quoi, ici, à Bruxelles. Je connais leurs adresses, je sais qu’ils feront le bon choix », nous avait-il expliqué lors de l’exposition IncarNations, profitant d’une tribune médiatique. Il avait notamment rendu une vingtaine d’œuvres issues de pillages pratiqués lors de la guerre civile angolaise au musée de Dundo, en Angola.

« Fin, engagé, percutant »

« On a perdu un héraut, quelqu’un de fin, d’engagé, de percutant, soupire à Abidjan Alain Kablan Porquet, amateur d’art passionné et collectionneur depuis plus de vingt ans. Ce n’était pas un vieux monsieur à la bedaine triomphante, un aigri qui se bat perpétuellement contre le grand méchant Occident. C’était un vrai connaisseur qui mettait du sens dans la lecture d’un passé chahuté. Un homme beau, jeune, élégant, ce qui compte dans cette société de l’image, qui incarnait un combat légitime. »

Par Léo Pajon / JeuneAfrique.com

Quand les artistes Sammy Baloji et Kapwani Kiwanga interrogent les sociétés post-coloniales 2
ndombe sisqo

Quand les artistes Sammy Baloji et Kapwani Kiwanga interrogent les sociétés post-coloniales

Commande d’œuvres pour l’un, prix Marcel-Duchamp pour l’autre, deux artistes disséquant le passé colonial de l’Europe sont mis à l’honneur en France à l’aube de la Saison Africa 2020.

Deux noms : Kapwani Kiwanga et Sammy Baloji. Deux artistes majeurs de la scène contemporaine, deux plasticiens travaillant sur les colonisations et la persistance de l’histoire coloniale dans le présent, deux créateurs honorés aujourd’hui en France.

Flowers from Africa

La première, Kapwani Kiwanga (42 ans), vient de recevoir le prestigieux prix Marcel-Duchamp au Centre Pompidou pour son installation Flowers from Africa. En 2018, elle avait déjà été honorée par le Prix artistique Sobey et par le Frieze Artist Award de New York. Anthropologue de formation, diplômée de l’Université McGill de Montréal, l’artiste franco-canadienne aux origines tanzaniennes s’est installée dans l’Hexagone en 2005. Son travail questionne essentiellement les sociétés post-coloniales.

ELLE S’ÉTAIT PRÉSENTÉE TELLE UNE CONFÉRENCIÈRE VENUE DU FUTUR

Avec Afrogalactica, elle s’était présentée telle une conférencière venue du futur pour raconter les États-Unis d’Afrique, créés en 2058, nourrissant son travail de références à l’afrofuturisme comme au penseur martiniquais de la décolonisation, Frantz Fanon.

Avec Maji Maji, elle s’était intéressée à la rébellion des Maji-Maji contre l’occupation coloniale allemande entre 1905 et 1907, au cours de laquelle Kinjikitile Ngwale, connu sous le nom de Bokero, distribua à ses adeptes de l’eau censée les protéger des balles.

Kapwani Kiwanga s’inspire d’archives iconographiques des cérémonies d’indépendance pour recréer des compositions florales utilisées à l’époque.

Flowers for Africa, qui lui vaut aujourd’hui une reconnaissance internationale, était présentée en février 2020 au Macaal (Marrakech), dans l’exposition Have You Seen a Horizon Lately, sous le commissariat de Marie-Ann Yemsi – juste avant le confinement. Ces bouquets de fleurs destinés à se faner racontent en un raccourci saisissant une bien longue histoire. Pour ce travail au long cours entamé en 2013 lors d’une résidence à Dakar (Sénégal), Kapwani Kiwanga s’inspire en effet d’archives iconographiques des cérémonies d’indépendance afin de recréer des compositions florales utilisées à l’époque…

LES INDÉPENDANCES, DES MOMENTS REMPLIS D’ESPOIR QUI SE SONT FANÉS

Avec ses jeux de mots entre l’anglais et le français (« Still Life » signifie « nature morte »), l’œuvre rend certes hommage aux luttes pour l’indépendance, mais « avec ces compositions : comme soumises aux vicissitudes du temps, l’artiste nous invite à porter un nouveau regard sur ces moments d’accession à la souveraineté, remplis d’espoir et d’enthousiasme, qui avec le temps se sont fanés ».

Les strates de la domination coloniale

Comment raconter l’histoire ? Comment interpréter l’archive ? Autant de questions qui irriguent aussi le travail du Congolais Sammy Baloji, originaire de Lubumbashi où il est né en 1978. Longtemps connu comme photographe, il a approfondi sa pratique et son travail de plasticien enraciné dans le passé de la RD Congo explore toutes les strates de la domination coloniale, notamment économique, jusqu’au présent. La Réunion des musées nationaux–Grand Palais (RMN-GP), associée à la Saison Africa 2020, l’ont invité à concevoir deux sculptures pour les socles de la façade du Grand Palais, à Paris, du côté de la station de métro Champs-Élysées-Clémenceau.

En réponse, l’artiste a réalisé deux instruments de musique en cuivre, un sousaphone et un cor d’harmonie, qui renvoient aux instruments abandonnés en Louisiane au XIXe siècle, lors de la défaite du corps expéditionnaire français. Instruments qui furent ensuite récupérés par les esclaves et utilisés dans les fanfares (« Brass Bands »). D’où le nom de l’œuvre : « Johari – Brass Band ».

Instruments scarifiés

Deux sculptures du Congolais Sammy Baloji ornent la façade du Grand Palais située du côté de la station de métro Champs-Élysées-Clémenceau, à Paris.

L’utilisation du cuivre n’est évidemment pas un hasard, puisque ce métal abondant dans le sous-sol congolais est à l’origine d’une exploitation éhontée du pays et de sa main-d’œuvre par des multinationales rapaces et des élites souvent corrompues, et ce depuis 1885. Sammy Baloji a scarifié le cuivre de ces instruments en référence aux pratiques anciennes éradiquées par la présence coloniale, et il les a disposés dans des structures métalliques reprenant la forme de minerais du Katanga. Les instruments semblent ainsi emprisonnés dans des cages de métal. Un geste fort de sens qui prolonge ses travaux précédents.

UNE RÉFÉRENCE À CE QUI DEMEURE DANS L’OMBRE MAIS INFLUENCE LE VISIBLE

« Tout part d’anciennes photos d’archives utilisées pour des classifications ethnographiques qui viennent des collections du Musée royal de l’Afrique centrale de Tervueren », expliquait Baloji lors d’une précédente exposition où les scarifications jouaient déjà un rôle. On retrouve dans ce travail la recherche polysémique propre à l’œuvre de Baloji, et une référence à ce qui est connu, à ce qui est caché, à ce qui demeure dans l’ombre mais influence le visible.

Sammy Baloji est originaire de Lubumbashi où il est né en 1978.

Le terme Johari fait ainsi référence à la « fenêtre de Johari » qui sert à classer les différentes informations accessibles, ou pas, à une personne. Fort d’une riche actualité, Sammy Baloji présente actuellement à la galerie Imane Farès l’exposition Kasala: The Slaughterhouse of Dreams or the First Human, Bende’s Error, jusqu’au 14 novembre.

La consécration simultanée de ces deux artistes pourrait apparaître comme un simple hasard, mais peut-être s’agit-il d’un peu plus que cela. Débat sur les restitutions, organisation d’une saison consacrée à l’Afrique, multiplication des publications et des expositions consacrées à la période coloniale : plus que ses voisins, la France se penche sur son passé et accepte peu à peu de le regarder en face.

Par Nicolas Michel / JeuneAfrique

Un militant qui a saisi des œuvres d’art africaines du musée parisien défend un « acte politique » lors du procès français 3
ndombe sisqo

Un militant qui a saisi des œuvres d’art africaines du musée parisien défend un « acte politique » lors du procès français

Le fait de déloger des œuvres d’art africaines d’un musée européen est-il une déclaration politique ou un acte criminel? C’est la question qu’un tribunal français a pesé mercredi dans un procès chargé d’émotion centré sur un activiste congolais faisant campagne pour reprendre des œuvres d’art qui, selon lui, ont été pillées par des colonisateurs.

«Cela nous appartient!» a crié une femme noire qui assistait au procès, fondue en larmes et se précipitant après qu’un avocat du musée du Quai Branly à Paris ait insisté sur le fait que ses fonds – dont des dizaines de milliers d’œuvres d’art provenant d’anciennes colonies – appartenaient à l’État français.

Emery Mwazulu Diyabanza, né au Congo, et quatre autres militants ont été jugés pour tentative de vol pour avoir enlevé un poteau funéraire africain du XIXe siècle de son perchoir dans le musée lors d’une manifestation de juin diffusée en direct sur Facebook. Les gardes les ont rapidement arrêtés; les militants affirment qu’ils n’ont jamais prévu de voler le travail, mais qu’ils voulaient simplement attirer l’attention sur ses origines.

Derrière presque tous les échanges dans la salle d’audience se cachait la question de savoir si et comment les anciens empires devraient expier les torts de l’époque coloniale. La question a pris une nouvelle urgence après les manifestations mondiales de cette année contre l’injustice raciale déclenchées par la mort de George Floyd aux États-Unis aux genoux d’un policier blanc.

Diyabanza a saisi cette humeur et a organisé trois manifestations muséales diffusées en direct ces derniers mois – à Paris, à Marseille et aux Pays-Bas.

Des responsables français ont dénoncé l’incident du Quai Branly, affirmant qu’il menaçait les négociations en cours avec les pays africains lancées par le président Emmanuel Macron en 2018 pour des efforts de restitution légaux et organisés.

S’il est reconnu coupable de tentative de vol en groupe d’un objet historique, Diyabanza pourrait encourir jusqu’à 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende (173 000 dollars). Cependant, l’avocat de l’État français n’a pas demandé de peine de prison, exigeant seulement de modestes amendes. Un verdict est prévu le 14 octobre.

‘Il y a une frustration’

Diyabanza a défendu ce qu’il a appelé un «acte politique» et a déclaré qu’il était grand temps que les Africains, les Latino-Américains et d’autres communautés colonisées reprennent des trésors mal acquis. Il accuse les musées européens de fabriquer des millions d’œuvres d’art prises dans des pays maintenant appauvris comme le Congo, et a déclaré que le pôle, qui venait du Tchad actuel, devrait faire partie des œuvres renvoyées en Afrique.

«Nous sommes les héritiers légitimes de ces œuvres», a-t-il déclaré. Mais il a insisté sur le fait que «l’appropriation n’était pas mon objectif. … Le but était de marquer le symbolisme de la libération de ces œuvres. « 

Le juge président a demandé aux militants pourquoi ils pensaient avoir le droit de se faire justice eux-mêmes. Il a insisté sur le fait que le procès devrait se concentrer sur l’incident du pôle funéraire spécifique et que son tribunal n’était pas compétent pour juger de l’ère coloniale de la France dans son ensemble.

L’avocat du Quai Branly, Yvon Goutal, a fait valoir qu’en raison des discussions en cours entre la France et les gouvernements africains, « il n’y a pas besoin de cet acte politique. » L’Etat français « est très attaché à cela et sérieux » dans son suivi, a-t-il déclaré. Le procureur a déclaré que les militants auraient dû faire valoir leur point de vue par des moyens plus pacifiques.

L’avocat de la défense Hakim Chergui a fait valoir qu’il n’aurait pas fallu autant de décennies après l’indépendance des pays africains pour régler le problème. Il s’est étouffé en parlant des crânes de résistants algériens du XIXe siècle longtemps conservés comme trophées dans un musée français et est retourné dans son Algérie natale cette année.

« Il y a une frustration au sein de la population qui croît, croît, grandit », a-t-il dit, qualifiant les débats de mercredi de « procès du continuum colonial ».

Des applaudissements et des huées interrompaient périodiquement les débats. Une foule de partisans a crié de colère de ne pas pouvoir entrer dans la petite salle d’audience socialement éloignée, et les juges ont envoyé Diyabanza pour les calmer.

Le musée du Quai Branly, sur les rives de la Seine près de la Tour Eiffel, a été construit sous l’ancien président français Jacques Chirac pour présenter l’art non européen, notamment des anciennes colonies françaises.

Une étude de 2018 commandée par Macron recommandait aux musées français de restituer des œuvres prises sans consentement, si les pays africains en faisaient la demande. Jusqu’à présent, la France s’apprête à rendre 26 œuvres d’art africain – sur les quelque 90 000 œuvres censées être conservées dans les musées français, la plupart du quai Branly.

(AP)
Par urban / Photo Dr. Tiers

Objets d’art en France : Pour un retour vers la Guinée… 4
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Objets d’art en France : Pour un retour vers la Guinée…

La France a restitué au Sénégal en novembre 2019 le sabre d’El hadj Oumar Tall et au Bénin en janvier 2020, vingt-six objets d’art. Le président Emmanuel Macron dans son discours de Ouagadougou en novembre 2018 avait promis la restitution des œuvres d’art africain spolié au cours de la colonisation. Il a déclaré en substance : «Je veux que d’ici cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique» 

Cette promesse est intervenue à un moment où certaines voix se faisaient déjà entendre sur la nécessité de réparer le tort historique qui a consisté à vider des siècles auparavant l’Afrique de ses objets d’art. En juillet 2016, le gouvernement béninois avait officiellement demandé le « retour, au Bénin, des objets précieux royaux emportés par l’armée française lors de la conquête de novembre 1892». La demande est restée sans suite.

Il a fallu attendre novembre 2018, un an après le discours de Ouagadougou, pour avoir le «Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain. Vers une nouvelle éthique relationnelle  », commandé par E. Macron à Bénédicte Savoy et à Felwine Sarr, deux universitaires. Le rapport est composé de trois grandes parties : Restituer, restitutions et collections et accompagner les retours. Dans leurs recommandations, ces universitaires proposent la restitution rapide des objets acquis dans des conditions jugées anormales, notamment par la force, en trois étapes : La première s’étend  de 2018 à 2019, la deuxième, de 2019 à 2022 et la troisième, à partir de 2022.  

Mais en droit français, le principe d’inaliénabilité des collections publiques s’oppose à la restitution de ces objets aux Etats africains. Les auteurs du rapport proposent alors l’ajout de la disposition suivante au code du patrimoine français : « Un accord bilatéral de coopération culturelle conclu entre l’État français et un État africain peut prévoir la restitution de biens culturels, et notamment d’objets des collections de musées, transférés hors de leur territoire d’origine pendant la période coloniale française».

Malgré l’opposition de certains milieux conservateurs en France au le retour de ces objets d’art et contrairement à la pratique suivie en la matière par ses différents successeurs, E. Macron tient sa promesse. Pour surmonter les obstacles juridiques qui se dressent sur le chemin de la restitution, son gouvernement adopte un projet de loi le 15 juillet 2020 relatif à la restitutionde biens culturels à la République du Bénin et à la République du Sénégal.

Dans son article 1er ce projet indique qu’ « À compter de la date d’entrée en vigueur de la présente loi, les vingtsix œuvres provenant d’Abomey conservées dans les collections nationales placées sous la garde du musée du quai BranlyJacques Chirac, dont la liste figure en annexe, cessent de faire partie de ces collections. L’autorité administrative dispose, à compter de la même date, d’un délai d’un an au plus pour remettre ces œuvres à la République du Bénin ». Dans son article 2 concernant le Sénégal, le projet de loi dispose également qu’ «  À compter de la date d’entrée en vigueur de la présente loi, le sabre avec fourreau dit d’El Hadj Omar Tall conservé dans les collections nationales placées sous la garde du musée de l’Armée, dont la référence figure en annexe, cesse de faire partie de ces collections. L’autorité administrative dispose, à compter de la même date, d’un délai d’un an au plus pour remettre ces biens à la République du Sénégal».

La Guinée, prochaine destination ?

La Guinée pourrait l’être si elle en fait la demande officielle aux autorités françaises. En effet, sept objets d’art appartenant à la Guinée sont repertoriés par le rapport de Bénédicte Savoy et de Felwine Sarr (page 204) : 1. Monnaie guinzé de 19 siècle, 2. Ensemble de monnaies guinzé de 20 siècle, 3. Modèle de pirogue avant 1878, 4. Siège Cariatide (1751-1800 ?), 5. Statuette femme avant 1880, 6. Lance avant 1881, 7. Lance avant 1881.

La restitution de ces objets d’art permettra à la Guinée d’enrichir son patrimoine historique et culturel tout en en contribuant à l’essor de son tourisme.    

Par Youssouf Sylla, analyste à Conakry.
Libre opinion / Photo Dr. Tiers

Restitutions d’œuvres d’art : un nid à polémiques et un dossier qui s’enlise 5
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Restitutions d’œuvres d’art : un nid à polémiques et un dossier qui s’enlise

Le retour des objets volés pendant la colonisation en Afrique et exposés dans les musées français se heurte à de nombreuses difficultés et reste minime.

Trois ans après le discours à Ouagadougou d’Emmanuel Macron, qui souhaitait à la jeunesse africaine d’avoir accès à son patrimoine, la restitution des objets d’art volés pendant la colonisation en Afrique et exposés dans les musées français se heurte à de nombreuses difficultés et reste minime.

Le rapport des universitaires Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, remis en novembre 2018, appelait à de vastes restitutions des œuvres arrivées en France pendant l’époque coloniale. Mais aujourd’hui, seul un sabre – un objet européen – a été rétrocédé au Sénégal et vingt-six objets le seront d’ici à un an au Bénin.

Ces totems et sceptres, pillés lors de la mise à sac du palais d’Abomey par les troupes coloniales en 1892, restent au Musée du quai Branly tant qu’un musée au Bénin n’est pas prêt pour les accueillir.

Une loi, permettant des dérogations au principe d’« inaliénabilité » des œuvres dans les collections publiques, a permis ces transferts, parce qu’ils avaient fait l’objet de pillages caractérisés.

Le rapport Sarr-Savoy dressait un calendrier de restitutions et un inventaire des dizaines de milliers d’objets que les colons ont ramené d’Afrique. Il proposait un changement du code du patrimoine pour faciliter leur retour quand les Etats africains en feraient la demande.

Dans les limbes

Mais à part quelques pays menés par le Bénin, la mobilisation des gouvernements africains sur les restitutions reste faible. Dans plusieurs pays, les priorités sont autres que les objets d’art pour lesquels les équipements manquent, selon une source proche du dossier.

Quant au projet d’Emmanuel Macron d’une rencontre entre partenaires européens (Belgique, Royaume-Uni, Allemagne principalement) et africains pour définir une « politique d’échanges », il semble être tombé dans les limbes.

Au moins 90 000 objets d’art d’Afrique subsaharienne sont dans les collections publiques françaises. Quelque 70 000 d’entre eux au Quai Branly, dont 46 000 arrivés durant la période coloniale.

Selon le rapport Savoy-Sarr, la plupart des œuvres dans les musées français proviennent de butins de guerre, de pillages ou ont été acquis à des prix dérisoires. Des experts contestent ces conclusions. Selon eux, la grande partie des objets africains ont été achetés, offerts, échangés et troqués, mais pas pillés.

« C’est un cri de haine contre le concept même de musée », avait lancé Stéphane Martin, qui a piloté la création du Musée du quai Branly avant d’en prendre la tête, jusqu’à la fin 2019.

« Ce rapport est intéressant à lire attentivement. Un peu virulent mais il fallait l’être », estime auprès de l’AFP le galeriste et collectionneur d’art africain, Robert Vallois.

Des dépôts longue durée

Pour le nouveau président du Musée du quai Branly, Emmanuel Khasarherou, « un mouvement a été donné » par le rapport Sarr-Savoy, qui « nous a enjoints à une sorte d’examen de conscience ».

La difficulté est de retracer l’itinéraire des œuvres. Certaines sont passées entre plusieurs mains : des administrateurs, médecins, militaires ou leurs descendants en ont fait don aux musées. D’autres ont été offertes à des religieux, acquises par les collectionneurs d’art africain au début du XXsiècle, ou encore ramenées lors d’expéditions scientifiques.

Trois problématiques complexifient l’affaire : les changements de frontières après l’indépendance des colonies qui rendent difficiles l’attribution d’une œuvre à un pays, les conditions de conservation des œuvres une fois rendues, et le cas d’objets d’art qui « disparaissent » une fois qu’ils ont été restitués à leur pays d’origine.

Les dirigeants des musées prônent la « libre circulation » pour que les Africains puissent voir les œuvres : organiser des dépôts de longue durée, des prêts, des expositions tournantes. Avec une aide financière à la rénovation ou à la construction de musées.

Du côté des collectionneurs privés, le galeriste Robert Vallois a créé un collectif de marchands d’art pour financer le nouveau musée de la Récade au Bénin, où sont exposées des œuvres africaines tirées de leurs collections. « Ça n’a coûté rien à personne, à part à nous », précise-t-il.

Le Monde avec AFP / Photo Dr. Tiers

Restitution du patrimoine africain : un Congolais devant la justice à Paris 6
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Restitution du patrimoine africain : un Congolais devant la justice à Paris

Le militant panafricain et anti-colonialiste Emery Mwazulu Diyabanza se retrouvera le 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir tenter d’emporter en juin dernier des objets d’art africain au Musée du Quai Branly. Un débat sur la restitution des oeuvres d’art africain qui résonne jusqu’à Kinshasa.

Ses vidéos chocs ont fait le tour des réseaux sociaux. Au Musée du Quai Branly à Paris, à l’Afrika Museum de Berg en Dal aux Pays-Bas ou au Musée des arts africains, océaniens et amérindiens de Marseille, Emery Mwazulu Diyabanza accompagné de membres de son mouvement panafricain Unité, dignité et courage (UDC), ont tenté d’emporter des objets d’art africains. Face caméra, l’activiste affirme vouloir « récupérer ce qui nous appartient (…). On ne demande pas la permission aux voleurs de récupérer ce qui a été volé. Ces biens nous ont été volés sous la colonisation ». A chaque fois, le leader de l’UDC a été interpellé par la police. Pour son coup d’éclat du 12 juin à Paris, Emery Mwazulu Diyabanza risque 10 ans de prison et 150.000 euros d’amende pour « tentative de vol en réunion d’un objet mobile classé ».

Militant radical et opposant congolais

Ce Congolais de la diaspora de 42 ans, vivant en France, et chantre du panafricanisme, n’en est pas à sa première opération coup de poing. En 2015, il envahit, avec ses militants, l’ambassade du Maroc à Paris pour protester contre les mauvais traitements infligés aux migrants africains dans les pays du Maghreb. Il prône également une « croisade contre le Franc CFA » et appelle à « chasser l’armée française pour un Mali libre ». L’activiste se présente également comme un opposant congolais au régime de Joseph Kabila et affirme avoir voulu se présenter à la présidentielle de 2011. Mais sa candidature n’aurait pas été retenu après avoir été arrêté par les autorités et détenu pendant 17 jours au camp Tshatshi.

Seules 27 restitutions sont annoncées

Le débat sur la restitution des oeuvres d’art africain est devenu depuis cet été le nouveau cheval de bataille d’Emery Mwazulu Diyabanza. L’activiste considère que le combat pour la restitution du patrimoine africain rejoint celui de la « libération de l’Afrique » pour amener le continent « à se réconcilier avec son histoire ». Pourtant, depuis le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou en 2017 et le rapport de Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, la France a promis de restituer tous les objets pris de force, ou présumés acquis dans des conditions inéquitables, ou à la demande de leurs pays d’origine. Mais pour le moment, seulement 27 restitutions ont été annoncées sur les 90.000 objets d’arts provenant d’Afrique subsaharienne exposés ou entreposés en France.

« Nous voulons effacer l’humiliation de la colonisation »

Pour Emery Mwazulu Diyabanza, la démarche de la France constitue « une insulte. C’est incroyable que ce soit le prévaricateur et le voleur qui décide du quand et du comment il rendra les oeuvres ! Nous sommes dans la récupération de ce que nous appartient, pas dans la supplication. Nous sommes dans le plein droit de récupérer notre héritage ». Quand au mode de revendication plutôt musclé de sa cause, le leader d’Unité, dignité et courage estime que sa démarche « n’est pas seulement la restitution des œuvres, mais la manière dont elles doivent être restituées. Nous voulons effacer l’humiliation de la colonisation, la barbarie, par des actes de dignité et de courage ».

120.000 objets congolais à Tervuren

En Belgique, la question de la restitution du patrimoine congolais détenu par l’ancien colonisateur n’a pas attendu les coups d’éclat d’Emery Mwazulu Diyabanza pour faire débat. En 2018, alors que la France, l’Allemagne ou le Canada s’engagent sur la manière de réunir « les conditions d’un retour temporaire ou définitif » de ses œuvres, plusieurs associations, universités, et membres de la société civile congolaise, signent une pétition dans la presse belge. « Plus de 90 % des œuvres d’art classique africain sont en dehors de l’Afrique  », dénoncent les signataires. Le Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren est considéré comme le  (…) Lire la suite sur Afrikarabia.

PAR AFRIKARABIA
Photo DR. TIERS

Artists call for structured African contemporary art market 7
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Artists call for structured African contemporary art market

Sisqo Ndombe, a Congolese painter artist and founder of Bandombe Galerie. His passion is to see contemporary African artwork gain recognition across the globe.

Marrakech : les artistes contemporains s’engagent 8
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Marrakech : les artistes contemporains s’engagent

Le Musée d’Art Contemporain Africain Al-Madeen (MACAAL) de Marrakech a réuni les œuvres d’art “socialement engagées” d’artistes du monde entier, qu’ils soient émergents ou renommés, dans sa dernière exposition.

L’exposition, dont le titre est emprunté à la chanson de Yoko Ono “Have you seen a horizon lately”, explore les notions d’espace, de temps, et invite ses visiteurs à voir et à comprendre le monde sous différents angles. Elle réunit peinture, photographie et multimédia, et assume la tâche ambitieuse de promouvoir la collectivité face à la disparité.

Une diversité d’artistes et de médiums

La sélection d’œuvres d’art présente un large éventail de perspectives sur les questions relatives à l’environnement, la répartition inégale des richesses et du pouvoir, ou encore la colonisation des territoires…

Parmi les artistes internationaux émergents et établis figurent Yoko Ono elle-même, qui représente les États-Unis, mais également Kapwani Kiwanga, d’origine canadienne vivant en France, Rahima Gambo du Nigeria, ou encore Amina Benbouchta qui expose pour le pays hôte.

Selon Othman Lazraq, président du MACAAL, l’exposition “Have you seen a horizon lately” est loin d’être la seule exposition internationale de son musée, cependant “celle-ci en particulier était importante car elle permet au musée de renforcer sa position de musée mondial où le dialogue engagé va au-delà du continent africain et de sa diaspora. Nous voulons que les œuvres d’art transcendent les frontières nationales”.

Un regard sur l’environnement sensible mais engagé.

Que leur inspiration vienne de l’architecture, de l’archéologie du paysage urbain ou de l’histoire personnelle, le travail de ces artistes contemporains entre en résonance avec certains des problèmes les plus urgents auxquels le monde est confronté aujourd’hui.

Par kawa-news.com
Photos Dr. Tiers

Ces hommes et femmes qui font l'art contemporain africain 9
ndombe sisqo

Ces hommes et femmes qui font l’art contemporain africain

La petite foire devenue grande, Akaa, a accueilli pour sa quatrième édition, sur le thème de la ville, un vaste public, mais aussi des collectionneurs et institutions, dénombrant quelque 16 000 visiteurs passés par le Carreau du Temple à Paris entre les 8 et 11 novembre. Pour ceux qui n’ont pu y découvrir les talents nouveaux et confirmés venus du continent africain, telle la star du week-end dernier, la Sud-Africaine Zanehe Muholi, et des diasporas, voici quelques coups de cœur en images auxquels s’ajoutent le jeune Ousmane Niang exposé par la galerie Atiss, Maurice Mbikayi chez Artco, avec ses étonnantes performances, et chez le même galeriste, les travaux de Saïdou Dicko. aux côtés de l’incontournable photographe Gideon Mendel. Mais encore Adrien Bitibaly chez Ycos Project, qui exposait aussi Antoine Tempé ou encore chez Claire Corcia, le Camerounais Moustapha Baïdi Oumarou…Un petit tour virtuel sur le site d’Also Known as Africa permettra aux absents de mesurer la variété et la créativité de cette édition et d’identifier les galeries pour suivre ces talents à la trace…

Par Valérie MARIN / Lepoint

Journées d’Art Contemporain de Carthage 2019 (JACC) : «Les galeries à l’œuvre» 10
ndombe sisqo

Journées d’Art Contemporain de Carthage 2019 (JACC) : «Les galeries à l’œuvre»

Au hall central de la Cité de la culture à Tunis, est installé un coin d’exposition pour les galeristes étrangers présents aux Journées d’art contemporain de Carthage 2019 (Jacc).


Sur cet espace baptisé «Les galeries à l’œuvre» se trouvait le stand de l’Ivoirien Ghislain Okoua, responsable de «5 Mondes Gallery». Ce jeune, galeriste basé à Abidjan, a déclaré que sa participation aux Jacc «constitue la première dans un pays arabe». Il compte sur sa présence en Tunisie pour «élargir mon réseau, en faisant connaissance du monde de l’art dans le pays, des artistes et des galeristes présents aux Journées». Le galeriste est tourné vers la diffusion de «l’art contemporain africain, spécialement sur le marché local».
Sur le stand de «Kelimat Galeri» de Turquie, la fille du galeriste parle d’une grande galerie vieille de 35 ans, initialement basée en Syrie. Actuellement, le siège de la galerie est en Turquie après avoir délocalisé à Istanbul, dit-elle. Plusieurs expositions se tiennent dans cette importante galerie de la capitale turque que son père «œuvre afin qu’elles soient un pont d’échange artistique entre artistes du monde arabe et ceux de la Turquie».
«Les galeries à l’œuvre» propose l’Art contemporain sous différents regards en présence d’autres galeristes du Danemark (Hollufgard Artist Residence Skulpturpark), de Libye (Galerie Eskender Arts), du Soudan (Galerie Dara Art), du Maroc (Galerie 86) et du Qatar (Katara Art Center).
Un grand bazar d’art s’est installé, samedi soir, dans les divers espaces ouverts de la Cité de la culture qui accueille, du 16 au 22 novembre, la 2e édition des Jacc. Une variété assez déroutante d’œuvres et d’expositions s’ajoutaient aux diverses activités en cours dans la cité, qui accueillait la clôture de la première édition du Festival national du théâtre tunisien.
Au sous-sol, dans le hall central de la Cité, est visible «Le national à l’œuvre», une exposition de 75 œuvres nées après la révolution par des artistes tunisiens et acquises par l’Etat. D’après le programme général, les œuvres exposées sont prêtées au Fonds national du ministère des Affaires culturelles.
Sous une tente improvisée pour l’occasion, sur la place des théâtres, se tient «L’international à l’œuvre», exposition d’art contemporain proposant les créations d’artistes de 16 nationalités, dont 21 sont des étrangers et 31 sont tunisiens.
Les organisateurs annonçaient que l’Art Contemporain et ses horizons multiples seraient au cœur de cette édition. Dessins, gravures, peinture, sculpture, photo, installations, art graphique, street art et mapping sont visibles dans les deux expositions où la peinture tient la première place par rapport aux autres formes d’art.
La participation à cette seconde édition des Jacc est de 7 galeries étrangères, 6 galeries tunisiennes, avec un programme spécial dans deux régions, 15 artistes tunisiens et 26 artistes étrangers. Un maximum de trois artistes est à noter pour chaque pays participant, à savoir l’Allemagne, le Sultanat d’Oman, la Syrie, le Koweït, le Soudan, le Qatar, l’Italie, la Libye, la Palestine, l’Irak, l’Algérie, l’Egypte et le Maroc.

La semaine des Jacc dans la capitale
Performances, projections et spectacles seront au programme de cette manifestation annuelle initiée par le ministère des Affaires culturelles. Les Jacc se tiennent en partenariat entre le ministère et l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de la promotion culturelle (Amvppc). Les activités dans la capitale sont réparties entre la Cité de la culture, le Musée du Bardo, le Palais El Abdellia, Ennejma Ezzahra, ainsi que dans huit centres culturels d’ambassades accréditées en Tunisie.
Le musée du Bardo abritera une exposition intitulée «Dessin et gravure à l’œuvre» dont le vernissage a eu lieu dimanche, 17 novembre.
Les créations de plus de 30 artistes tunisiens seront visibles dans cette exposition dédiée aux différentes expressions artistiques.
En banlieue nord de Tunis, le Palais El Abdellia (à La Marsa), abritera l’exposition «L’affiche à l’œuvre» dont le vernissage est prévu aujourd’hui lundi 18 novembre (17h30).
Cette exposition est dédiée aux affiches des expositions d’art plastique, illustrant la variété des démarches créatives et mettant en lumière l’époustouflante inventivité de la culture de l’affiche. Elle sera marquée par la présentation de 87 affiches d’exposition nationales, d’arts plastiques (dessins, gravures, peintures, sculptures, photos…) ayant eu lieu dans différentes galeries entre 1972 et 2018.
A Sidi Bou Saïd, le Palais Ennejma Ezzahra abritera, demain mardi 19 novembre (9h30), un panel de discussion autour de «L’Art contemporain au prisme de l’interdisciplinarité», un thème déjà débattu à Kasserine et à Tataouine. Il verra la participation de six conférenciers d’Algérie, du Sénégal et de France, entre artistes, historiens de l’art, critiques d’art, commissaires d’exposition et galeristes. Sur le même thème, deux débats sont prévus jeudi 20 novembre à Ennejma Ezzahra et à la Cité de la culture.
Le festival se déroule aussi à Kasserine, Sbeïtla et Tataouine. Des workshops autour de la thématique «Le street art et l’art du Graffitti & les nouvelles technologies au service du patrimoine» ont eu lieu à Tataouine (28 octobre-6 novembre) et à Kasserine (1er-10 novembre).
Des spectacles, des performances artistiques et un hommage à 10 artistes tunisiens sont au menu de la cérémonie de clôture des Jacc 2019, vendredi 22 novembre (17h00) à la Cité de la culture.

Par LaPresse.tn